La décentralisation vers les municipalités au Québec

Le 26 septembre dernier, à l’invitation de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Léger a participé à un panel lors du congrès annuel de la FQM. L’occasion était belle pour Léger d’y présenter une mise à jour de certaines des mesures de satisfaction des citoyens envers leurs municipalités et leurs élus qu’elle tient à jour depuis 1998, en plus de présenter des résultats sur l’opinion des Québécois à l’égard de la décentralisation vers les municipalités, un thème d’actualité pour l’ensemble du milieu municipal.

Les municipalités ont-elles le feu vert des citoyens pour réclamer plus de pouvoirs du Gouvernement du Québec ? La réponse est « oui » mais les citoyens demandent encore à être convaincus.
Voici pourquoi :
  1. Condition sine qua non pour qu’une population vous accorde plus de pouvoirs : la confiance ! À ce niveau, les élus municipaux, après la dure épreuve des dernières années où certains élus et administrateurs municipaux ont entaché gravement la réputation des élus locaux, ont de nouveau la cote. Aujourd’hui, 72% des Québécois sondés ont confiance en leurs élus locaux et donnent un score de satisfaction moyen de 7 sur 10 à leur maire (p. 3). À titre comparatif, 46% disent avoir confiance envers leurs élus au provincial et 41% au fédéral (p.4). À noter, la note moyenne de 7 sur 10 accordée au maire, se compare avantageusement à la note de 5,6 sur 10 en 2011, au pire de la crise, ou de 6,0 sur 10 en 2009 (p.5). L’élection municipale de 2013 a donc été salutaire !
  2. Autre élément important, la satisfaction générale envers les élus et la satisfaction envers la qualité de la communication entre l’hôtel de ville et les citoyens sont fortement corrélées (p.6-8). Ceci veut dire que le maintien du lien de confiance passe par une stratégie de communication efficace qui mise sur les médias où la communication sera directe et bidirectionnelle entre élu et citoyen.
  3. Malgré la crise de confiance qui a marqué les dernières années et dont les élus municipaux semblent s’être sortis, la satisfaction générale envers la qualité des services municipaux est restée relativement stable et élevée (p. 10-11). Toutefois, le transport collectif (municipal ou intermunicipal) demeure un enjeu clé où les citoyens s’attendent à mieux de leurs élus. Si les élus locaux réclament de nouveaux pouvoirs à Québec, ils doivent démontrer qu’il gèrent très bien les services qu’ils offrent déjà. À ce niveau, ils ont plus que la note de passage.
  4. Une autre condition de l’appui des citoyens à la décentralisation municipale demeure la confiance qu’ils ont envers le potentiel de développement de leur communauté locale. À cet égard, les Québécois sont prudents. 43% estiment que leur municipalité se développera et deviendra plus prospère, mais 46% croient plutôt au statu quo et 9% à un scénario de décroissance (p.15). Le monde municipal devra tenir compte de cette insécurité des Québécois.
  5. Demandée de façon directe, une proportion importante de Québécois estime que les municipalités n’ont pas assez de pouvoirs (52% en matière de gestion des ressources naturelles, 46% en matière de développement économique, 33% en matière de développement touristique, et 32% au niveau de la culture). Toutefois, il ne s’agit pas de majorités écrasantes (p. 18). Les Québécois nous indiquent donc qu’ils sont ouverts à la décentralisation, mais qu’un travail de persuasion reste à faire de la part de nos élus locaux et de leurs représentants.
Les années à venir s’annoncent bonnes pour le milieu municipal et les Québécois sont prêts à écouter leur plaidoyer sur la décentralisation… Pourvu que que le discours demeure centré sur le citoyen.
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