À l’approche de la Fête du Canada, le plus récent sondage de Léger montre que la fierté nationale demeure un point d’ancrage important au pays. En parallèle, les perceptions de la Confédération révèlent un portrait plus nuancé : plusieurs Canadiens se sentent attachés au pays, mais ils n’ont pas tous le sentiment que le système fonctionne équitablement pour l’ensemble des régions.
Les résultats suggèrent que la Fête du Canada 2026 s’inscrit dans une double dynamique : une fierté nationale durable et des questions régionales persistantes sur l’équité, la représentation et l’avenir de la fédération.
Faits saillants
- 84% des Canadiens se disent fiers d’être Canadiens, dont 51% très fiers.
- Par rapport au rapport de Léger de juin 2025 sur la fierté nationale canadienne, la fierté globale demeure stable, tandis que la proportion de Canadiens qui se disent très fiers est en hausse de 6 points.
- 43% disent que leur niveau de fierté envers le Canada n’a pas changé au cours des dernières années, tandis que 34% se sentent plus fiers et 23% moins fiers.
- 74% croient que le Canada, avec ses frontières et provinces actuelles, existera encore dans 50 ans.
- Seulement 23% estiment que la Confédération traite toutes les régions relativement équitablement, tandis que plusieurs autres évoquent des déséquilibres régionaux ou demeurent incertains.
La fierté reste largement partagée, et plus forte que ces dernières années
Le sondage fait ressortir une base de fierté nationale bien ancrée. Plusieurs Canadiens expriment non seulement un attachement au pays, mais aussi un lien émotionnel plus marqué que l’an dernier. Après être descendue à 76 % dans le sondage de Léger de 2024 sur la fête du Canada et le 4 juillet, la proportion de Canadiens qui se disent fiers d’être Canadiens est passée à 83 % en 2025 et atteint maintenant 84 % dans ce plus récent sondage.
Cette intensité est particulièrement visible chez les Canadiens de 55 ans et plus, qui sont les plus nombreux à se dire fiers (90%). La fierté nationale n’est toutefois pas ressentie de la même façon par tous les groupes : les 18 à 34 ans l’expriment dans une moindre proportion (75%), et les affinités politiques semblent aussi influencer la force du lien au pays.
Pour certains Canadiens, la fierté a changé
La plupart des Canadiens décrivent leur niveau de fierté comme stable, mais les mouvements observés ne sont pas répartis également selon les régions et les groupes politiques. En Alberta, les répondants sont plus nombreux que l’ensemble des Canadiens à dire qu’ils se sentent moins fiers qu’il y a quelques années (36%). Chez les électeurs conservateurs, cette perception est encore plus marquée (48%).
À l’inverse, les électeurs libéraux sont beaucoup plus susceptibles de dire que leur fierté a augmenté (54%). Cet écart suggère que la fierté nationale est de plus en plus liée à des perceptions plus larges de la politique, de la direction du pays et de la capacité du Canada à bien fonctionner pour ses différentes régions.
Pour en savoir plus sur l’évolution des débats politiques régionaux, consultez la récente analyse de Léger sur le débat entourant la séparation de l’Alberta.
Les Canadiens demeurent confiants dans l’avenir du pays
Malgré les tensions régionales en arrière-plan, la plupart des Canadiens croient que le pays demeurera intact à long terme. Ce constat est important, puisqu’il montre que les préoccupations liées à l’équité régionale ne se traduisent pas nécessairement par une impression que le Canada risque de se diviser.
La confiance dans l’avenir du pays est étroitement liée à la fierté. Les Canadiens qui se sentent plus fiers qu’il y a quelques années sont particulièrement susceptibles de croire que le Canada existera encore, avec ses frontières et ses provinces actuelles, dans 50 ans (92%). Chez ceux qui se sentent moins fiers, cette confiance est beaucoup plus faible (45%). En ce sens, la fierté n’est pas seulement symbolique : elle est aussi liée aux attentes envers la stabilité du pays.
La Confédération reste le principal point de tension
Les perceptions de la Confédération révèlent la tension la plus nette du sondage. Relativement peu de Canadiens estiment que le système traite toutes les régions équitablement, et plusieurs pointent plutôt vers des déséquilibres régionaux.
Dans l’Ouest canadien, la préoccupation porte surtout sur la place accordée aux provinces de l’Ouest. Cette opinion est particulièrement répandue en Alberta (37%) et en Colombie-Britannique (31%). Au Québec, la préoccupation est davantage liée à la place de la province dans le système canadien (24% estiment que la Confédération est particulièrement injuste envers le Québec).
La proportion élevée de Canadiens qui répondent « je ne sais pas » (32%) est également révélatrice. Elle suggère que, même si la Confédération demeure au cœur des débats sur l’unité nationale, plusieurs Canadiens n’ont pas d’opinion arrêtée sur l’équité du système ou sur la façon de l’évaluer.
Pour plus de contexte sur l’unité nationale et l’indépendance provinciale, consultez notre récent article sur l’impact potentiel de l’indépendance de l’Alberta et du Québec.
Méthodologie
Ce sondage Web a été réalisé du 19 au 22 juin 2026 auprès de 1 528 Canadiens âgés de 18 ans ou plus. Les répondants ont été recrutés de manière aléatoire à partir du panel en ligne LEO et pouvaient répondre au sondage en français ou en anglais.
Les résultats ont été pondérés selon l’âge, le genre, la langue maternelle, la région, la scolarité et la présence d’enfants dans le foyer afin d’assurer un échantillon représentatif de la population canadienne. À des fins de comparaison, un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur d’au plus ±2,5 %, 19 fois sur 20.

