Alors que le Canada se prépare à une nouvelle ronde de négociations commerciales avec les États-Unis, les Canadiens semblent avoir peu d’appétit pour de nouvelles concessions.
Notre plus récent sondage montre que plusieurs jugent que le gouvernement fédéral a jusqu’ici adopté une approche trop passive. Pour la suite, leur préférence est plus claire : adopter une position plus ferme, limiter les concessions et garder des mesures de représailles plus musclées sur la table.
Faits saillants
- 56% des Canadiens souhaitent que le gouvernement fédéral adopte une position ferme et ne fasse aucune autre concession, contre 31% qui privilégient davantage de souplesse au besoin.
- 38% des Canadiens estiment que le gouvernement a adopté une approche plutôt passive jusqu’ici, comparativement à 30% qui la jugent équilibrée et 15% plutôt agressive.
- 74% des Canadiens appuient l’imposition d’une taxe spéciale sur l’électricité vendue aux États-Unis, tandis que 70% sont favorables à l’exclusion des entreprises appartenant à des intérêts américains des contrats gouvernementaux et 70% à une taxe sur les exportations de pétrole et de gaz naturel.
- Les Canadiens sont moins favorables à d’importantes concessions : 46% appuient une ouverture accrue du transport aérien de passagers aux compagnies américaines, contre 26% qui appuient une réduction de la gestion de l’offre et 25% un accès accru des institutions financières américaines au secteur bancaire canadien.
- Si une nouvelle entente commerciale est conclue, 47% des Canadiens estiment qu’une élection fédérale devrait être déclenchée, contre 35% qui sont en désaccord.
Les Canadiens sont plus favorables aux mesures de représailles qu’aux concessions
Au-delà des mesures mentionnées plus haut, 64% des Canadiens appuient l’interdiction de la vente de boissons alcoolisées américaines au Canada, tandis que 63% sont favorables à une taxe sur les exportations de potasse et 59% à des droits de douane sur un large éventail de produits manufacturés américains.
L’appui diminue lorsqu’il est question de concessions. 38% des Canadiens sont favorables à un accès accru au marché canadien pour les entreprises américaines de télécommunications, tandis que 33% appuient le rétablissement complet de la vente de boissons alcoolisées américaines partout au Canada.
Des différences régionales et démographiques ressortent également. 61% des Québécois souhaitent que le gouvernement adopte une position ferme et ne fasse aucune autre concession, contre 46% des Albertains.
Les femmes sont aussi moins favorables que les hommes à plusieurs concessions touchant notamment les télécommunications, le secteur bancaire et la gestion de l’offre. Les électeurs conservateurs sont généralement plus ouverts aux concessions que ceux du PLC, du NPD ou du Bloc Québécois. Malgré tout, 51% des électeurs conservateurs souhaitent que le gouvernement adopte une position ferme dans les négociations.
Cette tendance fait écho à notre récente étude sur la réaction des Canadiens aux droits de douane américains, qui montrait déjà à quel point les tensions commerciales influencent la perception de la relation entre le Canada et les États-Unis.
Les Canadiens veulent aussi avoir leur mot à dire sur la suite
Le désir d’une approche plus ferme ne s’arrête pas à la table de négociation. Les Canadiens réfléchissent aussi à ce qui devrait arriver une fois une entente conclue et à la place qu’ils devraient avoir dans la suite des choses.
47% des Canadiens estiment qu’une élection fédérale générale devrait être déclenchée si une nouvelle entente commerciale Canada–États-Unis est conclue, afin de leur permettre de se prononcer sur l’entente. L’appui atteint 67% chez les électeurs du PCC, contre 34% chez ceux du PLC. Il s’élève également à 51% chez les électeurs du Bloc Québécois et à 45% chez ceux du NPD.
Le sondage révèle aussi des tensions plus larges dans la relation canado-américaine. 43% des Canadiens pensent que le gouvernement devrait demander officiellement le rappel de l’actuel ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, et qu’un nouvel ambassadeur soit nommé pour le remplacer. Dix-neuf pour cent s’y opposent, tandis que 38% ne savent pas.
Pour Ottawa, l’enjeu va donc au-delà de la simple conclusion d’une entente. Les Canadiens surveillent ce que le pays pourrait céder, la fermeté avec laquelle le gouvernement négocie et, pour plusieurs, si l’entente finale devrait mener à un nouveau mandat politique.
Consultez notre rapport complet pour découvrir l’ensemble des résultats ainsi que les ventilations régionales, démographiques et politiques.
Méthodologie
Notre sondage a été mené en ligne du 15 au 17 août 2026 auprès de 1 622 Canadiens âgés de 18 ans ou plus. Les répondants ont été recrutés au hasard au moyen du panel en ligne LEO et pouvaient remplir le sondage en français ou en anglais.
Les résultats ont été pondérés selon l’âge, le genre, la langue maternelle, la région, le niveau de scolarité et la présence d’enfants dans le ménage afin d’assurer un échantillon représentatif de la population canadienne.
À titre comparatif, un échantillon probabiliste de cette taille donne une marge d’erreur d’au plus ± 2,4 %, 19 fois sur 20.
