Les milléniaux, la génération Z et la pénurie de main-d’œuvre : la flexibilité est la clé

La pénurie de main-d’œuvre frappe actuellement tous les pays occidentaux et paralyse plusieurs secteurs de notre économie. Elle fait de l’ombre sur les perspectives de croissance de bien des organisations. Derrière cette pénurie se cache un phénomène générationnel où de plus en plus de baby-boomers (1945-1964) quittent progressivement la vie active pour la retraite, et le nombre limité de jeunes travailleurs ne pallient pas complètement ces postes laissés vacants. Les différents scénarios de Statistique Canada indiquent d’ailleurs que cette pénurie n’est pas prête à se résorber. Les organisations devront jongler avec cette pénurie et, bien sûr, user d’imagination pour attirer et maintenir les jeunes travailleurs.

Pour les jeunes travailleurs, cette situation comporte certainement des avantages. Le rapport de force entre employé-employeur tend à s’inverser à leur avantage. C’est à partir de ce constat que la deuxième section de l’étude Jeunesse s’est penché sur les avantages, les incitatifs et la relation des jeunes travailleurs au marché du travail. Jeunesse analyse leurs préférences et indique aux entreprises une foule de facteurs déterminants à leur bonheur au travail.

Indépendance des Z et des milléniaux

Les jeunes travailleurs sont conscients de ce contexte économique particulier et de leur valeur pour les organisations, particulièrement en contexte de pénurie de main-d’œuvre. 66% estiment que s’ils quittaient leur emploi dès maintenant, ils trouveraient un nouvel emploi facilement.

De plus, ce sont 64% d’entre eux qui estiment que leur employeur dépend davantage d’eux que l’inverse. Voilà pourquoi il n’est guère surprenant que 25% des travailleurs âgés de moins de 40 ans affirment avoir l’intention de quitter leur emploi dans la prochaine année. La dépendance s’est renversée, et les jeunes travailleurs veulent en tirer avantage.

Comment attirer et maintenir les jeunes travailleurs?

Dans ce contexte, les organisations n’ont d’autre choix que de prêter l’oreille. L’étude Jeunesse s’est donc penchée sur les avantages et les incitatifs que les Z et les milléniaux recherchent au travail. Il n’est guère surprenant que le salaire et la sécurité d’emploi constituent les deux avantages les plus recherchés par les jeunes générations. Peu importe leur âge, ces deux facteurs demeurent déterminants pour le bonheur au travail.

Les avantages recherchés par les jeunes employés

C’est l’énoncé qui suit qui est révélateur et que les organisations doivent absolument prendre en compte. Plus que les autres générations, les jeunes veulent de la flexibilité.

1. Flexibilité de l’horaire

La possibilité d’avoir un horaire flexible est primordiale chez les jeunes générations. Lorsque questionnés sur les incitatifs les plus alléchants, c’est la possibilité d’un horaire complètement flexible qui se distingue. De plus, ce sont 79% des répondants qui affirment que s’ils pouvaient choisir leur horaire, ils opteraient pour autre chose qu’un horaire fixe de 9 heures à 17 heures. Parmi ces derniers, 24% feraient le choix d’avoir un nombre d’heures à travailler par semaine sans horaire fixe, et 21% aimeraient n’avoir que des tâches et objectifs à accomplir, sans un nombre d’heures précis.

Ces proportions sont frappantes. Même si les organisations ne sont pas toujours en mesure de répondre à ces souhaits, elles doivent tout de même prendre en compte qu’un horaire flexible est un élément qui contribue à attirer de potentiels employés, courtisés de toute part compte tenu de la pénurie de main-d’œuvre.

2. Flexibilité de l’emplacement géographique

27% des jeunes travailleurs estiment que travailler à l’endroit qu’ils veulent – autrement dit, la possibilité de faire du télétravail – est un incitatif qu’ils recherchent. Conséquence directe de la pandémie, les Z et les milléniaux jugent qu’être en mesure de travailler là où ils le désirent leur permettra de gagner du temps et une meilleure qualité de vie. Ce sont même 24% des jeunes travailleurs à temps plein qui affirment qu’ils quitteraient leur emploi si un retour au bureau cinq jours semaine était exigé. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, il apparaît évident qu’une organisation ne peut tourner le dos à une aussi grande proportion de jeunes travailleurs qui souhaitent une liberté géographique pour travailler.

3. Flexibilité des structures organisationnelles

Enfin, il est clair que cette flexibilité doit également s’incarner dans les structures organisationnelles. Cela fait moins partie des discussions organisationnelles pour attirer les jeunes travailleurs, mais cela demeure tout de même essentiel à leurs yeux. Des structures verticales et inamovibles risquent véritablement de décourager les jeunes travailleurs. Parmi les travailleurs à temps plein, l’insatisfaction la plus souvent mentionnée par rapport à leur emploi actuel vise les hiérarchies trop lourdes et pas suffisamment agiles de leur organisation (43%). Chez ceux qui affirment ne pas aimer leur emploi, la proportion augmente à 60%!

Ajoutons à cela que ce sont 52% des travailleurs qui souhaiteraient avoir de nouveaux défis/de nouvelles responsabilités à chaque nouvelle année. Pas nécessairement une promotion, mais de nouvelles responsabilités qui leur permettraient de bouger horizontalement – plutôt que verticalement – dans une organisation. Que ce soit un changement de tâches ou l’ajout de responsabilités, les jeunes travailleurs ont un besoin constant de nouveauté à l’intérieur de leur organisation. Ce dernier point concernant la flexibilité des structures est probablement le plus sous-estimé par les organisations, et essentiel pour attirer et satisfaire ces jeunes travailleurs en ce contexte de pénurie de main-d’œuvre.


À propos de l’étude Jeunesse

L’étude Jeunesse imaginée par Léger en est déjà à sa 4e édition. Jeunesse, qui étudie deux jeunes générations, soit les milléniaux, âgés de 26 à 40 ans, et les membres de la génération Z, âgés de 13 à 25 ans, nous permet d’analyser en profondeur les comportements et les valeurs des jeunes à l’aube de l’année 2022. Cette édition tente de répondre à la question : être un jeune en 2022, ça veut dire quoi? Pour ce faire, nous avons analysé ce que veut dire être un jeune citoyen, un jeune travailleur et un jeune consommateur en 2022.

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