Il est largement reconnu que l’intelligence artificielle progresse rapidement. On accorde toutefois moins d’attention aux infrastructures physiques nécessaires pour soutenir cette croissance, notamment les centres de données qui alimentent les systèmes d’IA.
Alors que le gouvernement et les entreprises technologiques investissent dans de nouveaux centres de données pour l’IA au Canada, l’opinion publique laisse croire que les Canadiens sont ouverts à leur développement, mais non sans réserves.
Notre plus récent sondage révèle que, même si de nombreux Canadiens perçoivent les centres de données pour l’IA comme une évolution positive, les préoccupations liées à la demande en électricité, aux répercussions environnementales et à la répartition des coûts demeurent bien présentes.
Faits saillants
- La notoriété des centres de données pour l’IA est déjà bien établie : 62 % des Canadiens affirment en avoir entendu parler avant de répondre au sondage.
- Les Canadiens sont plus nombreux à percevoir positivement que négativement leur développement : 46 % estiment qu’il s’agit d’une bonne chose, comparativement à 37 % qui pensent qu’il s’agit d’une mauvaise chose.
- L’appui est plus partagé à l’échelle provinciale : 44 % des Canadiens sont favorables au développement de centres de données pour l’IA dans leur province, tandis que 42 % s’y opposent.
- L’abordabilité et la durabilité occupent une place centrale dans l’opinion publique : 81 % des Canadiens sont préoccupés par une hausse potentielle des factures d’électricité des ménages, et 79 % par les répercussions environnementales.
- Les Canadiens s’attendent à ce que les entreprises assument une part importante des coûts liés à leur consommation d’électricité et aux infrastructures nécessaires.
L’appui local est partagé
Dans l’ensemble, les Canadiens reconnaissent la valeur potentielle des investissements dans les infrastructures liées à l’IA. Près de la moitié d’entre eux, soit 46 %, estiment que le développement de centres de données pour l’IA au Canada est une bonne chose. Les perceptions positives sont particulièrement répandues chez les Québécois, les hommes et les Canadiens âgés de 55 ans et plus.
Les opinions sont toutefois plus partagées lorsque ces projets sont envisagés dans la province des répondants. À l’échelle nationale, 44 % des Canadiens sont favorables au développement de centres de données pour l’IA dans leur province, tandis que 42 % s’y opposent.
Cet écart très serré montre qu’une perception généralement positive de l’IA ne se traduit pas automatiquement par un appui aux projets locaux. La demande en électricité, la pression sur les infrastructures, les répercussions environnementales et les retombées pour les communautés pourraient influencer la façon dont les futurs projets seront accueillis.
Les Canadiens s’attendent à ce que les entreprises assument les coûts
Le coût et la durabilité sont les préoccupations les plus répandues dans le sondage.
Plus de huit Canadiens sur dix, soit 81 %, se disent préoccupés par une hausse potentielle des factures d’électricité des ménages dans leur province. Une proportion presque aussi élevée, soit 79 %, se dit préoccupée par les répercussions environnementales, notamment en ce qui concerne la consommation d’électricité, la consommation d’eau et les émissions de gaz à effet de serre.
La majorité des Canadiens sont ouverts à ce que les gouvernements provinciaux ou les fournisseurs d’électricité approvisionnent les centres de données pour l’IA en électricité, mais plusieurs y imposeraient des conditions. Près du tiers, soit 32 %, estiment que les entreprises devraient assumer l’ensemble des coûts liés à leur consommation d’électricité et aux infrastructures nécessaires. Une autre proportion de 12 % appuierait cet approvisionnement seulement si l’électricité provenait de sources renouvelables ou à faibles émissions.
Ces résultats font ressortir une attente claire : les ménages et les réseaux publics ne devraient pas assumer une part disproportionnée des coûts liés à l’expansion de l’IA.
Regard vers l’avenir
Alors que le Canada développe ses capacités en matière d’IA, l’appui du public semble dépendre autant de la façon dont l’innovation est mise en œuvre que de l’innovation elle-même. Les Canadiens souhaitent une croissance qui concilie les possibilités économiques, l’abordabilité, la responsabilité environnementale et la transparence des décisions d’investissement.
Pour le gouvernement, les fournisseurs d’électricité et les entreprises technologiques, établir un climat de confiance pourrait s’avérer aussi important que de construire les infrastructures.
Méthodologie
Cette étude repose sur un sondage en ligne mené auprès de 1 505 résidents canadiens âgés de 18 ans ou plus, du 10 au 13 juillet 2026, à l’aide du panel en ligne LEO de Léger. Les résultats ont été pondérés selon l’âge, le genre, la langue maternelle, la région, la scolarité et la présence d’enfants dans le foyer afin de garantir un échantillon représentatif de la population canadienne. Une marge d’erreur ne peut être associée à un échantillon non probabiliste. À des fins de comparaison, un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur d’au plus ±2,53 %, 19 fois sur 20.
