Admissibles sans le savoir : âge minimum pour le dépistage du cancer du sein au Canada

02 Décembre, 2025

L’année dernière, plusieurs provinces et territoires ont annoncé qu’ils abaissaient l’âge minimum d’admissibilité au dépistage du cancer du sein (mammographie). À l’occasion du Mois de la sensibilisation au cancer du sein, Léger Healthcare, la division de recherche en soins de santé de Léger, et la Société canadienne du cancer (SCC) ont collaboré pour évaluer la connaissance qu’ont les médecins généralistes et le grand public de l’âge minimum requis pour le dépistage du cancer du sein au Canada, dans leur province ou territoire respectif.

Léger Healthcare a réalisé un sondage en ligne du 10 au 15 octobre 2025 auprès d’un échantillon de 1 537 Canadien·ne·s âgé·e·s de 18 ans et plus recruté·e·s à partir du panel LEO de Léger, et auprès d’un échantillon de 100 médecins généralistes tirés du panel médical LEO de Léger. Les résultats révèlent un écart important entre l’admissibilité, la sensibilisation et l’accès réel au dépistage précoce du cancer du sein.

Breast cancer screening

Faible connaissance de l'âge d’admissibilité au dépistage du cancer du sein au Canada

Toutes les provinces et tous les territoires du Canada, à l’exception du Québec, ont abaissé à 40 ans ou 45 ans l’âge minimum d’admissibilité à la mammographie dans le cadre du dépistage systématique du cancer du sein. Toutefois, dans la plupart des provinces et territoires, les femmes de moins de 50 ans ne reçoivent pas d’invitation proactive à participer au programme de leur province ou territoire; elles doivent en faire la demande elles-mêmes ou obtenir une recommandation de leur médecin généraliste, ce qui rend la sensibilisation aux programmes de dépistage du cancer du sein essentielle. Notre étude a révélé que :

    • Seule une femme sur trois âgée de 40 à 49 ans se déclare « très bien informée » de l’existence des programmes de dépistage du cancer du sein dans sa province;
    • 36 % des femmes interrogées ont correctement identifié l’âge minimum pour le dépistage du cancer du sein dans leur province à partir de 2025;
    • 65 % des médecins généralistes interrogés ont correctement identifié l’âge minimum selon les directives de leur province en matière de mammographie.

Ces lacunes dans les connaissances ont une incidence directe sur les taux de participation et peuvent retarder le dépistage précoce, même dans les provinces et les territoires qui ont abaissé l’âge du dépistage depuis plusieurs années.

Opportunités manquées pour la détection précoce du cancer du sein

La sensibilisation seule ne garantit pas l’accès. Notre enquête a révélé des différences persistantes dans la manière dont les femmes ont recours aux services de mammographie à travers le Canada :

    • Parmi les femmes âgées de 40 à 49 ans, 52 % déclarent avoir déjà passé une mammographie, contre 89 % des femmes de plus de 50 ans au Canada.
    • Parmi les femmes âgées de 40 à 49 ans qui ont passé une mammographie, 13 % au Québec l’ont fait dans le cadre d’un dépistage de routine, contre 64 % dans le reste du Canada.
    • Seuls 19 % des médecins généralistes au Québec, contre 64 % dans le reste du Canada, recommandent fréquemment le dépistage du cancer du sein aux femmes âgées de 40 à 49 ans.

Les données révèlent que les Québécoises âgées de 40 à 49 ans sont aussi susceptibles de passer une mammographie que les autres Canadiennes, mais elles sont beaucoup plus susceptibles de le faire après la détection d’un problème, comme la découverte d’une grosseur, plutôt que dans le cadre d’un dépistage précoce et organisé. Cela signifie que des occasions de diagnostic précoce sont manquées.

Les Canadiens souhaitent une meilleure communication sur l'admissibilité au dépistage

Les membres du public et les médecins généralistes s’accordent massivement à dire que les gouvernements doivent faire davantage pour augmenter les taux de participation au dépistage du cancer du sein :

    • 92 % de tous les médecins généralistes à l’échelle nationale; 
    • 94 % des femmes âgées de 40 à 49 ans;
    • 84 % de l’ensemble des hommes et des femmes.

Cela reflète un large soutien en faveur d’une communication plus claire sur l’admissibilité au dépistage, les options d’accès direct et le processus de mammographie au niveau provincial.

Five women in a pink t-shirt with breast cancer symbol

Combler l’écart entre les politiques et les pratiques en matière de dépistage du cancer du sein

Pour que les progrès réalisés au niveau des politiques se traduisent par une amélioration des taux de détection précoce, Léger Healthcare et la SCC recommandent de :

    • Harmoniser les critères d’admissibilité au dépistage du cancer du sein dans toutes les provinces.
    • Simplifier et normaliser les parcours d’accès direct aux mammographies, en particulier pour les personnes qui n’ont pas de médecin de famille.
    • Sensibiliser davantage le public et les médecins grâce à une communication ciblée.
    • Développer conjointement des actions de sensibilisation adaptées à la culture des populations mal desservies.

Comme l’a rappelé cette année le Mois de la sensibilisation au cancer du sein. Pour avoir un impact réel, il faut s’assurer que les Canadiennes comprennent quand elles y sont admissibles, comment accéder au dépistage et pourquoi la détection précoce sauve des vies.

Méthodologie

Ce sondage en ligne a été réalisé du 10 au 15 octobre 2025 auprès de 1 537 Canadien·ne·s âgé·e·s de 18 ans ou plus, recruté·e·s aléatoirement à partir du panel en ligne LEO. Aucune marge d’erreur ne peut être associée à un échantillon non probabiliste d’un sondage par panel. À des fins de comparaison, un échantillon probabiliste de cette taille donne une marge d’erreur ne dépassant pas ±2,50 % (19 fois sur 20). Avec un échantillon de cette taille, les résultats peuvent être considérés comme précis dans cette fourchette.  La marge d’erreur varie pour les sous-groupes de la population (y compris les médecins généralistes) : les échantillons de plus petite taille produisent des intervalles de confiance plus larges.

À propos de Léger Healthcare

Léger Healthcare est la division de Léger consacrée à la recherche dans le domaine de la santé. Léger est la plus grande firme canadienne d’études de marché et d’analytique. Avec des bureaux partout au Canada et aux États-Unis, nos chercheurs chevronnés apportent leur expertise thérapeutique et leurs connaissances pratiques à chaque étape du cycle de recherche. Appuyés par deux des plus grands panels privés du pays du domaine de la santé, LEO (plus de 500 000 patients) et LEO Médical (35 000 professionnels de la santé), nous concevons, réalisons et analysons des études complètes qui reflètent les perspectives réelles des patients et des cliniciens. Il en résulte des conclusions exploitables qui aident les organisations à prendre des décisions éclairées, à accélérer l’innovation et à améliorer les résultats. En apprendre davantage!

À propos de la Société canadienne du cancer

La Société canadienne du cancer œuvre sans relâche pour sauver et améliorer des vies. Nous collectons des fonds pour soutenir les cerveaux les plus brillants dans le domaine de la recherche sur le cancer. Nous offrons un système de soutien empathique à toutes les personnes touchées par le cancer, partout au Canada et pour tous les types de cancer. De concert avec les patients, les sympathisants, les donateurs et les bénévoles, nous travaillons à créer un avenir plus en santé pour tous. Car pour lutter contre le cancer, nous avons toutes et tous besoin de nous mobiliser. C’est toute la société qui doit se mobiliser.

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