Alors que le conflit en Iran bouleverse la scène politique internationale et les enjeux énergétiques, une récente étude menée par Léger révèle que les Canadien·nes suivent de près l’évolution de la situation, rejettent une participation directe aux frappes américaines et israéliennes, et privilégient la neutralité, la stabilité économique et la désescalade.
Selon ce sondage, 67% des Canadien·nes disent suivre le conflit de près. Ce résultat est similaire à celui observé aux États-Unis. Les Américain·es sont toutefois plus nombreux·ses à déclarer suivre le conflit de très près (30%), contre 21% au Canada.
Ces résultats s’inscrivent dans un contexte où Ottawa continue de mettre l’accent sur la désescalade et la protection des populations civiles, tandis que les marchés de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement mondiales restent sous pression. Au Canada, l’opinion publique semble moins guidée par un soutien à l’intervention que par les préoccupations liées aux prix, à l’emploi et à la stabilité.
La majorité des Canadien·nes s’opposent à une escalade militaire
L’opinion publique au Canada penche clairement contre les frappes. Près de six Canadien·nes sur dix (58%), s’opposent aux bombardements de l’Iran par les États-Unis et Israël. Seulement 25% appuient l’intervention militaire.
Même si les Canadien·nes suivent le conflit de près, leurs points de vue diffèrent de ceux observés aux États-Unis, où l’opinion est plus partagée, avec 44% d’opposition et 38% d’appui.
Une forte préférence pour une position neutre du Canada
Les Canadien·nes sont aussi clairs et claires sur le rôle qu’ils et elles souhaitent voir jouer par le Canada. La plupart ne veulent pas qu’Ottawa choisisse un camp sur le plan militaire. Ils et elles privilégient plutôt la retenue.
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- 67% disent que le Canada devrait rester neutre et ne soutenir aucune des parties au conflit.
- Alors que seulement 25% estiment que le Canada devrait appuyer les États-Unis et Israël dans leurs attaques contre l’Iran.
Les retombées économiques dominent les préoccupations
L’un des thèmes abordés qui suscite la réaction la plus forte concerne les enjeux économiques du conflit en Iran et les impacts à prévoir au Canada. Pour bien des Canadien·nes, la guerre en Iran n’est pas seulement un enjeu de politique étrangère, mais aussi un enjeu lié au coût de la vie.
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- Un impressionnant 91% des Canadien·nes disent craindre que le conflit fasse grimper le prix de l’essence et de l’épicerie.
- Par ailleurs, 82% s’inquiètent du fait que la guerre puisse contribuer à une récession mondiale et à des pertes d’emplois au Canada.
Ces préoccupations reflètent toutefois des priorités nationales un peu différentes aux États-Unis. Depuis le début des frappes américaines contre l’Iran, le prix de l’essence y a fortement augmenté, ce qui pourrait peser dans la décision du président américain Donald Trump quant au moment de mettre fin à la guerre. Malgré cela, les Américain·es affichent un peu plus d’inquiétude à l’égard des risques liés à la sécurité.
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- 78% au sujet du terrorisme
- 76% au sujet d’une implication militaire
La sécurité énergétique fait aussi partie des préoccupations au Canada
Le conflit influence également la perception de la capacité énergétique du pays. Près des trois quarts des Canadien·nes (74%) estiment que le Canada devrait prendre, dans la mesure du possible, des mesures immédiates pour accroître sa capacité de production de pétrole et de gaz naturel, en réponse aux perturbations d’approvisionnement liées au conflit.
On ressent également clairement que cette crise pourrait ne pas se régler rapidement.
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- 14% des personnes interrogées estiment que le conflit ne durera que quelques semaines;
- 35% s’attendent à ce qu’il se poursuive pendant quelques mois;
- 27% pensent qu’il durera au moins un an.
Les Canadien·nes favorisent un engagement de type défensif
Cela dit, la neutralité ne veut pas dire l’indifférence. Les opinions deviennent plus nuancées lorsque la question passe d’une action offensive à un engagement défensif.
Les Canadien·nes semblent faire une distinction entre une action offensive et une participation limitée de nature défensive. Une majorité, soit 59%, appuierait l’envoi de troupes au sol pour défendre un membre de l’OTAN attaqué par l’Iran. L’appui baisse à 54% lorsqu’il est question de protéger les raffineries pétrolières et le transport maritime, puis à 39% pour participer à une coalition visant un changement de régime en Iran.
Méthodologie
Ce sondage en ligne a été réalisé du 13 au 16 mars 2026 auprès de 1 608 Canadien·nes et de 1 006 Américain·es âgé·es de 18 ans ou plus. Les participant·es ont été recruté·es aléatoirement à partir du panel en ligne LEO de Léger. Les résultats ont été pondérés selon l’âge, le genre, la langue maternelle, la région, le niveau de scolarité et la présence d’enfants dans le ménage afin d’assurer une représentation fidèle de la population canadienne, ainsi que selon l’âge, le genre, la région, le niveau de scolarité, l’origine ethnique et le nombre de personnes dans le ménage afin d’assurer une représentation fidèle de la population américaine.
Aucune marge d’erreur ne peut être associée à un échantillon non probabiliste. À des fins de comparaison, un échantillon probabiliste de cette taille présenterait une marge d’erreur maximale de ± 2,44 %, 19 fois sur 20, pour l’échantillon canadien, et de ± 3,09 %, 19 fois sur 20, pour l’échantillon américain.





