Alors que l’épidémie d’Ebola en Afrique centrale continue de retenir l’attention, les Canadiens évaluent à la fois les risques au pays, le rôle des autorités de santé publique et les mesures qui pourraient être nécessaires lors de grands événements internationaux comme la Coupe du Monde de la FIFA.
Selon un nouveau sondage Léger, les Canadiens sont plus nombreux à se dire peu ou pas préoccupés que préoccupés par l’épidémie actuelle. Malgré cela, l’appui aux restrictions temporaires d’entrée au pays est très élevé, et plusieurs appuieraient des mesures de dépistage renforcées si les inquiétudes augmentaient pendant la Coupe du Monde.
Faits saillants
- 39 % des Canadiens se disent préoccupés par l’épidémie actuelle d’Ebola, tandis que 52 % se disent peu ou pas préoccupés.
- 85 % sont favorables à la décision du gouvernement du Canada de restreindre temporairement l’entrée au pays des personnes provenant des pays les plus touchés par l’épidémie.
- Les Canadiens sont partagés quant au rôle du Canada : 36 % estiment que le pays devrait surtout se concentrer sur la prévention de l’entrée d’Ebola au Canada, alors que 35 % privilégient une approche combinant préparation au pays et soutien aux pays touchés.
- 43 % sont confiants que les autorités de santé publique pourront empêcher la propagation d’Ebola pendant la Coupe du Monde de la FIFA, tandis que 40 % ne le sont pas.
- Si les inquiétudes liées à Ebola augmentaient pendant le tournoi, le dépistage obligatoire serait la mesure la plus appuyée, choisie par 39 % des Canadiens.
Les Canadiens sont préoccupés, sans être trop inquiets
Les Canadiens suivent l’évolution de l’épidémie d’Ebola, mais la majorité ne manifeste pas un niveau élevé d’inquiétude. Au total, 39 % se disent très ou assez préoccupés, comparativement à 52 % qui se disent peu ou pas du tout préoccupés. Le niveau d’inquiétude est plus élevé au Québec et chez les Canadiens âgés de 55 ans et plus.
Le sondage s’inscrit dans un contexte où les autorités sanitaires internationales surveillent l’épidémie de maladie à Ebola causée par le virus Bundibugyo en République démocratique du Congo et en Ouganda. L’Organisation mondiale de la Santé a indiqué que la situation évolue rapidement, avec des cas et des décès signalés dans plusieurs zones de santé.
Un fort appui aux restrictions temporaires d’entrée au pays
Même si l’inquiétude demeure modérée, les Canadiens appuient fortement les mesures de précaution aux frontières. Plus de huit Canadiens sur dix sont favorables à la restriction temporaire de l’entrée au pays des personnes provenant des pays les plus touchés par l’épidémie, dont 54 % qui y sont tout à fait favorables.
Cet appui laisse croire que plusieurs Canadiens ne perçoivent pas ces restrictions uniquement comme une réaction à une crainte personnelle. Elles semblent plutôt être vues comme une mesure de prévention raisonnable lorsque le risque est sérieux, mais encore largement extérieur au Canada. Le gouvernement du Canada a d’ailleurs mis en place des mesures frontalières temporaires afin de réduire le risque d’introduction et de propagation de la maladie Ebola au Canada.
Une opinion partagée entre la prévention au pays et le soutien à l’étranger
Les Canadiens n’ont pas tous la même vision du rôle que devrait jouer le Canada dans la réponse à l’épidémie. La plus grande proportion, 36 %, estime que le Canada devrait surtout se concentrer sur la prévention de l’entrée d’Ebola au pays. Une proportion presque équivalente, 35 %, croit que le Canada devrait faire les deux également : renforcer sa préparation au pays et soutenir les pays touchés.
Seuls 11 % estiment que le Canada devrait surtout fournir du financement, du matériel médical ou de l’expertise afin d’aider à contenir Ebola à l’étranger. Le portrait suggère une posture nuancée : les Canadiens souhaitent des mesures de protection au pays, sans pour autant exclure le soutien international lorsque celui-ci contribue à limiter la propagation de l’épidémie.
La Coupe du monde soulève des questions sur la préparation sanitaire
La Coupe du Monde de la FIFA ajoute une dimension particulière au débat. Le Canada coorganise le tournoi de 2026 avec les États-Unis et le Mexique, et des matchs auront lieu à Toronto et à Vancouver. Le gouvernement du Canada a annoncé un investissement pouvant atteindre 145 millions de dollars pour soutenir la sécurité publique pendant l’événement, qui devrait attirer plus d’un million de visiteurs au Canada.
Interrogés sur la capacité des autorités de santé publique à empêcher la propagation d’Ebola pendant le tournoi, les Canadiens sont presque également partagés : 43 % se disent confiants, contre 40 % qui se disent peu ou pas du tout confiants; 17 % ne savent pas ou préfèrent ne pas répondre.
Ce résultat ne signifie pas un rejet des autorités de santé publique. Il indique plutôt que la confiance n’est pas automatique. Lors d’un événement international d’une telle ampleur, les Canadiens pourraient avoir besoin de comprendre non seulement que des plans existent, mais aussi comment ces plans seraient activés si les inquiétudes augmentaient.
Quelles mesures sanitaires les Canadiens appuieraient-ils pendant la Coupe du Monde?
Si les inquiétudes liées à Ebola augmentaient pendant la Coupe du Monde, la mesure la plus appuyée serait d’imposer un dépistage obligatoire à certains voyageurs ou travailleurs liés aux événements. Cette option est choisie par 39 % des Canadiens, devant l’annulation ou la limitation de grands rassemblements publics, l’installation de stations de lavage ou de désinfection des mains, le dépistage volontaire ou l’absence de mesures supplémentaires avant la confirmation d’un cas au Canada.
Pour les gouvernements et les autorités de santé publique, le signal est assez clair : les Canadiens ne demandent pas nécessairement la mesure la plus restrictive, mais ils veulent voir des mesures concrètes. Le dépistage obligatoire se démarque parce qu’il donne une impression d’action ciblée tout en permettant aux grands événements de se poursuivre.
Bien expliquer les mesures pour renforcer la confiance
Les résultats montrent que les Canadiens souhaitent des mesures de santé publique visibles, compréhensibles et adaptées au niveau de risque. Ils ne sont pas massivement alarmés par Ebola, mais ils appuient des mesures de prévention lorsque les enjeux sont élevés.
Pour les institutions publiques, le défi de communication sera d’expliquer ce qui est fait, pourquoi ces mesures sont nécessaires et dans quelles circonstances des mesures additionnelles seraient envisagées. Cette clarté sera particulièrement importante pendant la Coupe du Monde de la FIFA, où la confiance du public pourrait dépendre autant de la qualité des communications que des mesures elles-mêmes.
Pour plus d’analyses de Léger sur les opinions des Canadiens à l’égard des politiques publiques, des enjeux sociaux et de la confiance envers les institutions, consultez nos dernières publications.
Méthodologie
Ce sondage Web a été réalisé auprès de 1 518 Canadiens âgés de 18 ans ou plus du 5 au 7 juin 2026, à partir du panel en ligne LEO. Les répondants avaient la possibilité de remplir le sondage en français ou en anglais. Les résultats ont été pondérés selon l’âge, le genre, la langue maternelle, la région, la scolarité et la présence d’enfant dans le foyer afin de garantir un échantillon représentatif de la population canadienne. À des fins de comparaison, un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur d’au plus ±2,52 %, 19 fois sur 20.
