Les médicaments GLP-1, comme Ozempic et Mounjaro, qui sont largement utilisés de nos jours pour traiter le diabète ou favoriser la perte de poids, sont désormais un phénomène de marché susceptible d’influencer durablement les comportements de consommation et les dynamiques dans certains secteurs d’activité.
Au-delà du secteur pharmaceutique, l’adoption de ces médicaments soulève des questions d’ordre stratégique pour les détaillants, les assureurs et certains secteurs d’activité, comme l’alimentation, la restauration et les biens de consommation.
Dans le cadre d’une étude menée au Canada et aux États-Unis afin de mieux comprendre l’ampleur actuelle de l’utilisation, le potentiel de croissance à court terme et l’évolution des habitudes des utilisatrices et utilisateurs, les experts de Léger se sont penchés sur plusieurs questions, notamment pour comprendre :
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- Quelle est l’ampleur réelle de l’utilisation?
- Quelle est la taille du bassin d’intérêt à court terme?
- Observe-t-on des effets mesurables sur les comportements et les habitudes de consommation?
Faits saillants, en rafale
Utilisation actuelle
11 % des adultes américains et 8 % des adultes canadiens déclarent prendre actuellement un médicament à base de GLP-1 sur ordonnance.
Intérêt chez les non-utilisateurs
12 % des Américains et 6 % des Canadiens qui ne prennent pas actuellement de médicament à base de GLP-1 se disent intéressés à en utiliser un.
La perte de poids est la principale raison évoquée pour envisager un médicament à base de GLP-1 ou une alternative (58 % au Canada et 71 % aux États-Unis).
Facteurs limitant l’accès
Au Canada, le coût et la couverture d’assurance sont les principaux facteurs influençant la probabilité d’utilisation. Plus de la moitié des personnes intéressées indiquent qu’une meilleure couverture ou un générique moins cher augmenterait leur probabilité d’y recourir.
Cette donnée n’a pas été collectée aux États-Unis.
Changements d’habitudes et de comportement de consommation
En Amérique du Nord, les personnes utilisant un GLP-1 rapportent une diminution des fringales et de l’appétit, ainsi que des ajustements liés à la modération dans leurs habitudes alimentaires, leurs dépenses et leur fréquentation des restaurants.
Résumé du rapport
Dans les deux marchés, environ une personne adulte sur dix déclare utiliser un agoniste du GLP-1. La perte de poids est le principal facteur d’intérêt, en particulier chez les femmes. La santé métabolique, notamment le diabète de type 2, et la réduction du risque cardiovasculaire complètent le trio des motivations dominantes. Le coût et la couverture demeurent les principaux obstacles à l’adoption au Canada. Plusieurs utilisatrices et utilisateurs rapportent également des changements liés à l’appétit qui influencent leur panier d’épicerie, leurs sorties au restaurant et leurs dépenses liées au bien-être.
Une adoption déjà significative des médicaments de type GLP-1
Selon les données obtenues, 8% des adultes canadiens et 11% des adultes américains prennent actuellement un médicament de type GLP-1 sur ordonnance. Extrapolé aux recensements de la population adulte de 2025 des deux pays, ce chiffre représenterait près de 3 millions de Canadiens et de Canadiennes, ainsi que plus de 28 millions d’Américains et Américaines.
💡À retenir : l’effet d’entraînement est suffisant pour influencer certains secteurs, comme l’alimentation, la restauration et les biens de consommation courante.
Un potentiel de croissance plus marqué aux États-Unis
Or, l’intérêt pour ce type de traitement a un potentiel de croissance plus marqué aux États-Unis.
Parmi les personnes interrogées qui ne prennent actuellement pas de GLP-1 sur ordonnance, l’intérêt déclaré est nettement plus élevé aux États-Unis : 12% des Américains se disent intéressés par son utilisation mais n’ont pas encore abordé le sujet avec leur médecin, contre 6% des Canadiens. En extrapolant (estimation modélisée), cela suggère que près de 29 millions d’Américains et 2 millions de Canadiens sont actuellement intéressés par les médications GLP-1, sans en avoir encore discuté avec un professionnel de la santé.
Le marché américain présente donc non seulement une utilisation plus élevée, mais également un bassin d’adoption potentiel plus important à court terme, ce qui pourrait entraîner une hausse significative de la demande.
La perte de poids, un facteur déterminant
La perte de poids demeure le principal moteur d’intérêt pour ce type de médicaments :
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- Canada : 58%
- États-Unis : 71%
La santé métabolique (notamment pour traiter le diabète de type 2) et la réduction du risque de développer des maladies cardiovasculaires complètent le trio des principales motivations.
Les motivations diffèrent toutefois selon le genre. Les femmes citent davantage la perte de poids comme principal facteur de motivation, alors que les hommes mentionnent plus fréquemment la réduction du risque de développer des maladies cardiovasculaires.
Ces distinctions sont importantes car elles influencent directement le comportement de consommation, notamment en ce qui concerne la tolérance au prix des produits, la durée d’utilisation et les attentes envers les assureurs en matière de couverture offerte pour ce type de médicament.
Le coût de la médication GLP-1 : principal frein à l’adoption au Canada
Au Canada, plus de la moitié des répondants intéressés par la médication de type GLP-1 affirment qu’une couverture d’assurance ou une version générique moins coûteuse augmenterait leur probabilité d’utilisation.
L’évolution des politiques de remboursement pourrait donc avoir un impact sur l’adoption de ce type de médication, avec des répercussions plus importantes sur l’écosystème de consommation de ces produits. Le critère de l’accessibilité financière pourrait donc jouer un rôle clé dans l’évolution de l’adoption.
Au-delà de la santé, les changements dans les habitudes
Quelques changements au chapitre des habitudes de vie et de consommation ont été observés chez les utilisateurs de médication de type GLP-1. Au Canada, comme aux États-Unis, les changements les plus fréquemment rapportés sont une diminution des fringales et de l’appétit.
Les utilisateurs rapportent principalement :
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- Une diminution des fringales ;
- Une réduction de l’appétit ;
- Des changements dans leurs habitudes alimentaires.
Concrètement, cela se traduit par :
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- Une baisse des dépenses liées aux restaurants ;
- Une baisse de consommation de collations, de boissons sucrées et d’alcool ;
- Une hausse de consommation de produits frais, de protéines ;
- Une hausse de dépenses liées à l’activité physique, en vêtements et en soins personnels.
Au-delà de la consommation alimentaire, l’utilisation du GLP-1 est associée à des changements dans les dépenses discrétionnaires. Alors que les dépenses consacrées aux restaurants et à l’alimentation diminuent, les données suggèrent un changement de mode de vie axé sur le bien-être, l’apparence et l’image de soi.
Les utilisateur·rices de glp-1 médicament déclarent réduire leurs dépenses dans les restaurants et certaines catégories plus indulgentes, au profit de :
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- Vêtements et accessoires
- Produits de beauté et soins personnels
- Articles liés à la mise en forme
- Produits liés à la santé
Les changements d’habitudes de consommation affectent plus durement les secteurs concernés aux États-Unis.
Ces changements déclarés peuvent influencer :
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- La composition du panier d’épicerie ;
- La fréquentation des restaurants ;
- Certaines catégories de biens de consommation.
Même si les effets demeurent en évolution, les organisations ont avantage à suivre ces tendances de près.
Foire aux questions
Quel pourcentage d’adultes utilisent un GLP-1 sur ordonnance?
11 % aux États-Unis et 8 % au Canada.
Combien de personnes cela représente-t-il?
Selon une estimation modélisée (extrapolant à partir des prévisions démographiques pour 2025), cela suggère que plus de 28 millions d’adultes aux États-Unis et près de 3 millions d’adultes au Canada pourraient actuellement prendre un médicament GLP-1 sur ordonnance.
Quel pourcentage de non-utilisateurs se disent intéressés par la prise d’un GLP-1?
Parmi les personnes qui ne prennent pas actuellement de GLP-1 sur ordonnance, 12 % aux États-Unis et 6 % au Canada ont déclaré être intéressées par la prise d’un tel médicament.
Quelle est la principale motivation?
La perte de poids, suivie de la santé métabolique et du risque de développement de maladies cardiovasculaires.
Quel est le principal facteur d’influence au Canada?
Le coût et la couverture d’assurance.
Observe-t-on des changements de comportement?
Oui. Les utilisateurs déclarent une réduction de l’appétit et des ajustements dans leurs habitudes alimentaires, leurs dépenses et leur fréquentation des restaurants.
Méthodologie
L’étude se base sur un sondage en ligne, mené du 6 au 9 février 2026 auprès de 1 536 résident·es canadien·nes et 1 012 résident·es américain·es âgé·es de 18 ans ou plus, recrutés via le panel en ligne de LEO. Les résultats ont été pondérés selon l’âge, le genre, la région, le revenu, le niveau de scolarité et la composition du ménage.
Les données présentées reposent sur des réponses autodéclarées et reflètent les perceptions au moment de la collecte. Il n’est pas possible d’associer une marge d’erreur à un échantillon non probabiliste dans le cadre d’une étude par panel. À titre de comparaison, un échantillon probabiliste de 1 540 personnes au Canada aurait une marge d’erreur de ± 2,5 %, 19 fois sur 20, et un échantillon de 1 540 personnes aux États-Unis aurait une marge d’erreur de ± 3,1 %, 19 fois sur 20.
Tous les résultats présentés reposent sur des données autodéclarées et doivent être interprétés dans ce contexte.




