La majorité des Canadiens appuient l’interdiction des médias sociaux et des agents conversationnels d’IA pour les enfants de moins de 16 ans

07 mai, 2026

Selon un nouveau sondage national réalisé par Léger, une forte majorité de Canadiens appuient une restriction de l’accès des enfants aux médias sociaux et aux agents conversationnels d’intelligence artificielle, alors que l’inquiétude entourant l’impact de ces outils sur les jeunes atteint plus de huit Canadiens sur dix.

Le sondage révèle que 83 % des Canadiens sont préoccupés par les effets négatifs potentiels des médias sociaux sur les enfants et les adolescents, tandis que 81 % disent la même chose des agents conversationnels d’intelligence artificielle comme ChatGPT, Claude et Copilot. Cette inquiétude est particulièrement élevée chez les femmes et les Canadiens âgés de 55 ans et plus

Enfants sur leurs téléphones

L’accès des jeunes aux médias sociaux devient un enjeu politique au Canada

Ces résultats s’inscrivent dans un contexte où les gouvernements au Canada s’intéressent de plus en plus à la façon d’encadrer l’accès des jeunes aux plateformes en ligne. Le gouvernement fédéral a récemment indiqué qu’il songeait « très sérieusement » à bloquer les réseaux sociaux aux jeunes, après l’adoption par les membres du Parti libéral du Canada d’une résolution visant à interdire l’accès aux médias sociaux aux jeunes de moins de 16 ans. Des voix issues de la société civile demandent également à Ottawa d’agir, notamment par l’adoption d’une loi nationale fixant un âge minimal d’accès aux réseaux sociaux.

Les provinces se penchent aussi sur la question, avec le Manitoba qui envisage d’interdire les réseaux sociaux aux enfants de moins de 16 ans et la Colombie-Britannique qui demande au gouvernement fédéral de jouer un rôle de premier plan dans l’encadrement de l’accès des jeunes aux plateformes en ligne.

À l’international, l’Australie a déjà adopté une mesure visant les jeunes de moins de 16 ans, une initiative qui alimente les débats dans plusieurs pays.

Jeune fille sur les réseaux sociaux

Les Canadiens favorisent un âge minimum pour les médias sociaux et les agents conversationnels d’IA

Lorsqu’on leur demande quel devrait être l’âge minimum requis pour accéder de façon autonome à certains outils en ligne, les Canadiens se montrent clairement favorables à des restrictions.

Pour les médias sociaux, 32 % estiment que l’âge minimum devrait être de 16 ans, tandis que 29 % croient qu’il devrait être de 17 ans ou plus. Seulement 5 % estiment que les médias sociaux ne devraient pas être restreints selon l’âge.

Pour les agents conversationnels d’intelligence artificielle, les Canadiens sont encore plus nombreux à privilégier un seuil d’âge élevé. Quatre Canadiens sur dix, soit 40 %, estiment que l’âge minimum devrait être de 17 ans ou plus, tandis que 26 % choisissent 16 ans. Seulement 6 % estiment que l’accès aux agents conversationnels d’intelligence artificielle ne devrait pas être restreint selon l’âge.

Ces résultats s’ajoutent à un débat plus large sur les limites d’une interdiction, notamment sur la façon de l’appliquer concrètement et sur le risque de contournement par les jeunes.

Fraterie qui regarde un ipad sur le lit

Sept Canadiens sur dix appuient une interdiction pour les enfants de moins de 16 ans

Sept Canadiens sur dix, soit 70 %, appuient l’interdiction d’accès aux médias sociaux pour les enfants de moins de 16 ans, dont 44 % qui l’appuient fortement. L’appui à l’interdiction des agents conversationnels d’intelligence artificielle pour les enfants de moins de 16 ans est presque aussi élevé, à 69 %, dont 41 % qui l’appuient fortement.

L’appui est plus élevé chez les Canadiens âgés de 55 ans et plus, avec 74 % d’appui pour l’interdiction des médias sociaux et 74 % pour l’interdiction des agents conversationnels d’intelligence artificielle pour les enfants de moins de 16 ans.

Les personnes ayant des enfants de 16 ans ou moins dans le foyer expriment toutefois davantage de réserves. Elles sont plus susceptibles de s’opposer fortement à l’interdiction des médias sociaux pour les enfants de moins de 16 ans et plus susceptibles de s’opposer à l’interdiction des agents conversationnels d’intelligence artificielle.

Les Canadiens privilégient une politique nationale

Alors que plusieurs provinces envisagent de réglementer l’accès des jeunes aux médias sociaux et aux agents conversationnels d’intelligence artificielle, les Canadiens sont plus nombreux à souhaiter une approche nationale.

Une majorité, soit 55 %, estime que les règles devraient faire l’objet d’une décision du gouvernement fédéral afin d’assurer une norme uniforme à l’échelle du pays. Près du quart, 24 %, estime plutôt que cette responsabilité devrait relever des provinces, tandis que 21 % ne savent pas.

Les préoccupations liées à l’apprentissage sont présentes, mais minoritaires

Même si certains Canadiens s’inquiètent du fait qu’une interdiction puisse limiter l’accès des jeunes à des outils utiles pour l’apprentissage, la communication ou la créativité, une majorité ne partage pas cette préoccupation.

Au total, 53 % des Canadiens ne sont pas préoccupés par le fait qu’une interdiction des médias sociaux et des agents conversationnels d’intelligence artificielle pour les jeunes de moins de 16 ans puisse limiter leur accès à des outils utiles. À l’inverse, 39 % se disent préoccupés. Les Canadiens âgés de 18 à 34 ans et les personnes ayant des enfants de 16 ans ou moins dans le foyer sont plus susceptibles d’être préoccupés par une possible limitation de l’accès des jeunes à ces outils.

Les Canadiens doutent de la capacité des plateformes à appliquer les règles

Malgré un fort appui aux restrictions, les Canadiens sont sceptiques quant à la capacité des entreprises de médias sociaux et d’intelligence artificielle à les appliquer efficacement.

Six Canadiens sur dix, soit 60 %, ne sont pas confiants que ces entreprises pourraient mettre en œuvre des mesures efficaces de vérification de l’âge et d’application des règles si une interdiction était mise en place pour les enfants de moins de 16 ans. Seulement 31 % se disent confiants.

Ce manque de confiance est particulièrement élevé chez les Canadiens âgés de 55 ans et plus, dont 72 % ne sont pas confiants dans la capacité des plateformes à appliquer efficacement les mesures de vérification de l’âge.

Méthodologie

Ce sondage en ligne a été réalisé auprès de 1 848 Canadiens âgés de 18 ans ou plus, du 1er au 4 mai 2026. Les répondants avaient la possibilité de remplir le sondage en français ou en anglais et ont été recrutés de manière aléatoire à l’aide du panel en ligne de LEO.This online survey was conducted among 1,848 Canadians aged 18 or older from May 1 to May 4, 2026. Respondents were recruited through Leger’s LEO online panel and had the option of completing the survey in English or French.

Les résultats ont été pondérés selon l’âge, le genre, la langue maternelle, la région, la scolarité et la présence d’enfant dans le foyer afin de garantir un échantillon représentatif de la population canadienne.

À des fins de comparaison, un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur d’au plus ±2,28 %, 19 fois sur 20.

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