Les nouveaux symboles nutritionnels sur le devant des emballages suffisent-ils à influencer les décisions d’achat? 

22 avril, 2026

Cette année, de nouveaux symboles nutritionnels sur le devant des emballages commencent à apparaître sur les produits en épicerie au Canada, influençant déjà l’expérience consommateur. Ces symboles signalent les produits riches en sucre, en sodium ou en gras saturés. Pour les consommateurs, ce petit symbole noir et blanc est difficile à ignorer. Pour les fabricants, il représente bien plus qu’un simple changement réglementaire. Il marque un tournant dans la façon dont la santé est communiquée, perçue et prise en compte au moment de l’achat. 

Ce changement s’inscrit dans une tendance déjà bien établie : les Canadiens portent un regard plus critique sur les allégations santé et les signaux marketing utilisés sur les emballages. Les symboles nutritionnels ne créent pas cette prise de conscience, mais ils la renforcent en offrant un repère clair et uniforme d’un produit à l’autre. 

Nos recherches démontrent que 51% des Canadiens accordent aujourd’hui plus d’importance à la santé et au bien-être dans leurs choix alimentaires qu’il y a un an. Mais concrètement, comment cette attention accrue se reflète-t-elle dans leurs décisions et qu’est-ce que ça implique concrètement pour les marques en rayon? 

Le bien-être est personnel et pragmatique

Pour la majorité des Canadiens, le bien-être ne passe ni par la biologie participative (biohacking) ni par des solutions médicalisées. Seuls 7% recherchent activement des produits fondés sur la science ou encadrés médicalement. La plupart (59%) privilégient plutôt leurs choix alimentaires et leurs habitudes de vie comme fondement du bien-être, plutôt que de s’en remettre principalement à des innovations scientifiques ou médicales.  

Parallèlement, 59% des Canadiens disent éviter régulièrement certains aliments ou boissons. Les raisons ne sont pas uniquement médicales : le goût, le coût, les habitudes culturelles et des considérations éthiques entrent aussi en ligne de compte, même si la santé demeure un facteur important pour plusieurs. 

Plus de la moitié (56%) disent également avoir pris des mesures pour contrôler la quantité de nourriture consommée, le plus souvent en réduisant les portions. 

Les Canadiens gèrent activement à la fois ce qu’ils consomment et les quantités.  

Les symboles nutritionnels sur le devant des emballages influenceront-ils réellement les comportements?

Lorsqu’on leur pose directement la question, la majorité (61%) des Canadiens disent qu’il est facile d’identifier les produits qui répondent à leurs besoins alimentaires ou personnels. À première vue, l’emballage n’apparaît donc pas comme un frein majeur, mais il demeure un point de contact clé au moment de la décision. 

Pour ceux qui ont des objectifs en matière de santé et de bien-être, les principaux obstacles sont ailleurs, et ils sont surtout d’ordre pratique et comportemental : 

    Faut-il en conclure que l’emballage n’a pas d’importance? Pas tout à fait. 

    Les jeunes de 18 à 24 ans, les personnes issues de communautés racisées et celles qui suivent des régimes structurés ou religieux sont nettement plus nombreux à dire qu’il est difficile d’identifier les bons produits. Dans ces groupes, jusqu’à une personne sur cinq rapporte des difficultés, ce qui ouvre des opportunités pour mieux adapter la communication à certains segments. 

    Par ailleurs, 60% des Canadiens estiment qu’une information plus claire sur le devant des emballages serait utile. 

    L’introduction des symboles nutritionnels fédéraux répond directement à des nutriments déjà au cœur des préoccupations, comme le sucre, le sodium et les gras saturés. La réglementation vient renforcer des attentes déjà présentes chez les consommateurs. 

    Mais la clarté ne relève pas seulement de la conformité réglementaire. Elle joue aussi un rôle clé dans la confiance. 

    Les Canadiens francophones se disent d’ailleurs moins confiants envers l’information présentée sur les emballages. Cet écart représente un risque pour les marques opérant à l’échelle nationale, où la précision et la qualité linguistique influencent directement la crédibilité. 

    Des approches variées du bien-être alimentaire au Canada

    L’un des constats les plus importants de cette étude est la diversité des comportements alimentaires au Canada. 

    Un Canadien sur quatre suit un type de régime structuré, les approches flexitariennes et à base de plantes étant les plus répandues. Ces régimes sont plus fréquents chez les Canadiens nés à l’extérieur du pays. Les plus jeunes sont davantage portés à expérimenter le jeûne ou à sauter des repas, tandis que les plus âgés privilégient le contrôle des portions. L’âge ne fait toutefois pas tout, puisque le revenu, la culture et les motivations personnelles influencent aussi la façon dont le bien-être se manifeste, ce qui complexifie la réponse produit et marketing pour les marques. 

    • Pour certains, manger équilibré passe par la réduction du sucre. 
    • Pour d’autres, par un apport accru en protéines. 
    • Pour d’autres encore, par des choix alimentaires alignés avec des valeurs religieuses, éthiques ou environnementales. 

    Les nouveaux symboles nutritionnels sur le devant des emballages simplifient une dimension de la santé en mettant en évidence certains nutriments en excès. Les consommateurs, eux, évaluent les aliments selon un ensemble de critères beaucoup plus large. 

    Ce que cela signifie pour les fabricants

    Les prochains mois nous diront si les symboles nutritionnels ont un impact en magasin. Mais ce qui fera encore plus la différence, c’est la capacité à comprendre la diversité des motivations derrière les choix des consommateurs en magasin. 

    Trois implications se dégagent. 

    1. Reformulation et transparence vont de pair.

    Réduire les nutriments préoccupants peut permettre d’éviter un symbole nutritionnel négatif sur le devant de l’emballage. Mais les consommateurs regardent aussi si les produits sont hautement transformés, leur teneur en protéines, leur impact sur la santé digestive et la familiarité des ingrédients. Une approche limitée à la conformité réglementaire passe à côté de cette réalité.

    2. La communication en tablette ne joue pas le même rôle pour tous.

    Si plusieurs Canadiens se sentent à l’aise de naviguer en magasin, certains groupes — notamment les jeunes, les personnes issues de communautés racisées et celles qui suivent des régimes structurés — rencontrent davantage de difficultés. Pour ces consommateurs, une communication plus claire sur le devant des emballages, au-delà du symbole obligatoire, peut faire une réelle différence.

    3. La confiance se construit dans les détails.

    La justesse dans les traductions, l’exactitude des allégations et la cohérence des messages sont essentielles. Les écarts de confiance observés chez les Canadiens francophones montrent que l’emballage peut soit renforcer, soit fragiliser la crédibilité d’une marque. 

    Pour les fabricants, répondre à ces attentes exige plus de précision dans l’offre, plus de clarté dans la communication et une meilleure compréhension des différents segments de consommateurs. 

    Si vous cherchez à mieux comprendre comment les consommateurs répondent à vos emballages, où les points de friction apparaissent ou comment renforcer votre communication en tablette dans un contexte en évolution, nous pouvons vous accompagner. 

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