Suite à l’accord conclu entre le Canada et la Chine après la visite du premier ministre Mark Carney en janvier dernier, un nouveau sondage Léger démontre que la plupart des Canadien·nes sont favorables à l’augmentation des ventes de véhicules électriques chinois au Canada.
Cependant, cet appui s’accompagne de craintes, notamment concernant l’industrie automobile locale et les tensions commerciales que cette décision pourrait engendrer avec les États-Unis.
Soutien des Canadien·nes à l’arrivée de véhicules électriques chinois
L’arrivée accrue du vehicule electrique chinois sur le marché canadien bénéficie d’un appui clair. Au total, 61% appuient la décision du gouvernement canadien, dont 24% l’appuient fortement et 38% qui l’ont quelque peu soutenue. En contrepartie, 23% s’y opposent et 16% demeurent indécis.
Le soutien est particulièrement élevé au Québec 72%, ainsi que chez les hommes et les répondant·e·s âgés de 55 ans et plus.
« Au cours des 12 derniers mois, les Canadiens ont radicalement changé leur point de vue sur nos relations avec la Chine, et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres », a fait remarquer Steve Mossop, vice-président exécutif de Léger pour l’Ouest canadien, dans une entrevue avec La Presse Canadienne.
Le débat entourant les véhicules électriques chinois touche sept Canadien·nes sur dix, qui affirment avoir entendu parler de l’accord tarifaire permettant l’entrée d’un plus grand nombre de véhicules électriques chinois au pays. Cette notoriété grimpe à 85% chez les 55 ans et plus et à 76% chez les hommes.
Malgré l’appui majoritaire, des préoccupations bien réelles
Malgré cet appui majoritaire, 75% des répondant·es expriment au moins une inquiétude liée à la venue des véhicules électriques chinois au pays. Les principales préoccupations sont :
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- La qualité et la durabilité des véhicules (38%)
- L’impact sur l’industrie automobile canadienne (38%)
- La sécurité des données et la protection de la vie privée (33%)
- La sécurité des véhicules (29%)
- Les enjeux géopolitiques et de sécurité nationale (27%)
En Ontario, où l’industrie automobile est fortement implantée, les craintes liées aux impacts économiques atteignent 45%. Rappelons que le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a dénoncé l’accord conclu par Ottawa avec la Chine et a appellé les Canadiens à boycotter les véhicules électriques chinois. Il a notamment évoqué quelques réserves quant à la possibilité que les véhicules électriques chinois servent à espionner les automobilistes canadiens.
Les Canadiens craignent les représailles américaines
Le contexte géopolitique pèse lourd. Près des deux tiers des Canadien·nes se disent préoccupés par la possibilité de nouvelles mesures tarifaires américaines si le Canada renforce ses liens commerciaux avec la Chine. Parmi ceux qui s’opposent à l’importation de véhicules chinois, 71% des répondants se disent très inquiets des menaces américaines de représailles.
Les résultats du sondage indiquent également que 57% s’opposent à la restriction des échanges commerciaux avec la Chine uniquement pour éviter des représailles américaines, tandis que 30% ne se disent pas préoccupés par ces menaces.
Dans l’entrevue accordée à La Presse Canadienne, M. Mossop a souligné qu’il trouvait intéressant que 30% des personnes interrogées affirment ne pas s’inquiéter des éventuelles représailles américaines. Selon lui, ce chiffre aurait été plus faible il y a six ou huit mois, lorsque les craintes concernant les droits de douane américains étaient plus répandues.
Objectif 2035 et transition vers les véhicules électriques
Enfin, 67% estiment irréaliste que seuls des véhicules entièrement électriques soient vendus au Canada d’ici 2035. Le scepticisme est particulièrement élevé chez les 55 ans et plus, alors que les 18 à 34 ans sont plus enclins à juger l’objectif réaliste.
Méthodologie
Ce sondage en ligne a été mené auprès de 1 570 Canadien·nes âgés de 18 ans et plus, du 30 janvier au 2 février 2026. Les répondant·es ont été recrutés de manière aléatoire à partir du panel en ligne LEO. Les résultats ont été pondérés selon l’âge, le genre, la langue maternelle, la région, la scolarité et la présence d’enfant dans le ménage, afin d’assurer la représentativité de l’échantillon.
Il n’est pas possible de calculer une marge d’erreur sur un échantillon tiré d’un panel, mais à des fins de comparaison, un échantillon de cette taille aurait une marge d’erreur de ±2,47 %, 19 fois sur 20.




