L’accessibilité financière des médicaments sur ordonnance s’impose comme un enjeu lié au coût de la vie et à l’accès aux soins. Dans le contexte canadien, l’accès aux traitements dépend notamment des médicaments sur ordonnance, de l’assurance médicaments nationale, des régimes privés, des listes de médicaments remboursés des provinces et des territoires, ainsi que des frais à la charge des patients.
La plus récente enquête nationale de Léger Healthcare révèle que la plupart des personnes sondées qui prennent des médicaments sur ordonnance bénéficient d’une forme de couverture d’assurance médicaments, tout en continuant de ressentir une pression financière. Pour de nombreux Canadiens, la couverture offerte ne rend pas toujours les médicaments financièrement accessibles au point de pouvoir les prendre conformément à l’ordonnance.
Ces résultats mettent en lumière un défi clair pour les gouvernements, les assureurs, les employeurs, les fournisseurs d’avantages sociaux, les professionnels de la santé et les sociétés pharmaceutiques : des lacunes de couverture persistent. Même dans les catégories de médicaments où une certaine couverture existe, les frais à la charge des patients demeurent difficiles à assumer pour de nombreux Canadiens.
Principaux constats
Parmi les Canadiens qui ont pris un médicament sur ordonnance au cours des 12 derniers mois :
- 90 % disposent d’une couverture publique ou privée pour les médicaments sur ordonnance, ou des deux.
- 1 personne sur 4 affirme que le coût des médicaments sur ordonnance représente un fardeau financier modéré ou important.
- 1 personne sur 3 affirme que le coût des médicaments sur ordonnance est plus lourd à assumer qu’il y a cinq ans.
- 37 % ont réduit certaines dépenses du ménage en raison du coût des médicaments sur ordonnance.
- 27 % ont retardé, réduit ou évité une ordonnance en raison du coût.
- Les jeunes adultes sondés figurent parmi les groupes les plus touchés par les frais à payer de leur poche pour les médicaments sur ordonnance.
- Parmi les répondants qui ont indiqué qu’un médicament de type GLP-1 représentait leur plus important coût mensuel à payer de leur poche, le fardeau financier déclaré était comparativement élevé.
- Les recommandations des médecins et des pharmaciens font partie des principaux facteurs qui influencent la décision des utilisateurs de médicaments sur ordonnance sondés de passer d’un médicament de marque à un médicament générique, ou de continuer avec le médicament de marque.
La couverture ne rend pas toujours les médicaments financièrement accessibles
La plupart des Canadiens qui prennent des médicaments sur ordonnance bénéficient d’une forme de couverture d’assurance médicaments. Parmi les répondants ayant pris un médicament sur ordonnance au cours des 12 derniers mois, 41 % bénéficient uniquement d’un régime privé, 35 % uniquement d’un régime gouvernemental ou public, et 14 % d’une couverture à la fois privée et publique. Seulement 9 % déclarent ne pas avoir de couverture pour leurs médicaments sur ordonnance. Ce constat est important, puisque les régimes publics et privés d’assurance médicaments au Canada varient selon le payeur, la province ou le territoire, les critères d’admissibilité, les médicaments inscrits aux listes de remboursement et la part des coûts assumée par le patient.
La présence d’une couverture ne fait toutefois pas disparaître la pression financière. Vingt-quatre pour cent des répondants concernés affirment que ces coûts ont représenté un fardeau financier modéré ou important au cours des 12 derniers mois. Pour plusieurs, la situation s’est détériorée : 32 % disent que ces coûts sont plus lourds à assumer qu’il y a cinq ans.
Ces résultats montrent que l’accès financier aux médicaments dépend aussi de la générosité de la couverture, des modalités de remboursement et des frais qui restent à la charge du patient.
Le seuil financier est bas pour de nombreux Canadiens
Pour plusieurs répondants concernés, les frais mensuels actuellement déboursés sont inférieurs à 50 $. L’enquête indique toutefois qu’un coût mensuel relativement faible peut quand même devenir un obstacle.
Une personne sur quatre affirme que le coût mensuel maximal qu’elle pourrait assumer avant d’éviter une ordonnance est inférieur à 50 $. Près de la moitié situent ce seuil sous la barre des 100 $ par mois.
Ces résultats ont des implications pour les régimes d’assurance médicaments, la conception des avantages sociaux, les programmes de soutien aux patients et les stratégies d’accès. L’écart entre une ordonnance dont le coût demeure accessible et une ordonnance jugée trop coûteuse pourrait être plus mince qu’on ne le croit.
Le coût des médicaments sur ordonnance influence le budget des ménages et l’utilisation des médicaments
L’accessibilité financière des médicaments sur ordonnance s’inscrit aussi dans les pressions financières plus larges que subissent les ménages.
Plus du tiers des répondants concernés disent avoir réduit certaines dépenses du ménage en raison du coût des médicaments sur ordonnance. Ces réductions touchent notamment l’épicerie ou l’alimentation, le loyer et les services publics, le transport, l’épargne ou le remboursement de dettes, d’autres soins de santé, les loisirs et les dépenses familiales.
L’impact est particulièrement marqué chez les jeunes adultes sondés. Parmi les Canadiens de 18 à 34 ans qui ont pris un médicament sur ordonnance au cours des 12 derniers mois, six sur dix disent avoir réduit certaines dépenses du ménage en raison du coût des médicaments sur ordonnance.
Ces résultats placent l’accessibilité financière des médicaments sur ordonnance au cœur de la conversation sur le coût de la vie.
Le coût modifie la façon dont certains Canadiens utilisent leurs ordonnances
Le coût des médicaments sur ordonnance influence aussi la façon dont certains utilisateurs sondés gèrent leur médication et leur capacité à la prendre comme prescrite.
Plus du tiers des personnes qui prennent des médicaments sur ordonnance déclarent avoir posé au moins un des gestes suivants en raison du coût : attendre plus longtemps avant de faire exécuter ou renouveler une ordonnance, prendre moins de médicament que prévu à l’ordonnance, cesser les renouvellements, ne pas faire exécuter une nouvelle ordonnance, passer à un médicament générique ou à une option moins coûteuse, ou encore utiliser leurs économies, le crédit ou de l’argent emprunté pour payer leurs médicaments.
Plus précisément, 27 % disent avoir retardé, réduit ou évité une ordonnance en raison du coût.
Ces résultats sont importants, car même des frais à la charge du patient relativement modestes peuvent influencer la décision de faire exécuter, de renouveler ou de prendre un médicament comme indiqué.
Certaines catégories de médicaments exercent une pression financière plus forte
L’enquête demandait aussi aux répondants ayant des frais à la charge du patient pour des médicaments sur ordonnance quelle catégorie de médicaments représentait la plus grande part de ces coûts.
Les médicaments cardiovasculaires, y compris ceux liés à la santé cardiaque, à la tension artérielle et au cholestérol, constituaient la catégorie la plus souvent mentionnée. Les répondants utilisant des médicaments cardiovasculaires étaient aussi les plus susceptibles d’indiquer que leurs frais déboursés ne représentaient aucun fardeau, et les moins susceptibles d’éviter de prendre leur médicament.
À l’inverse, les répondants qui ont indiqué qu’un médicament de type GLP-1 représentait leur médicament sur ordonnance le plus coûteux ont déclaré des niveaux de fardeau financier comparativement plus élevés et étaient plus susceptibles de prendre moins de médicament que prévu à l’ordonnance, de retarder une ordonnance ou de cesser de renouveler une prescription.
Les données suggèrent que la pression liée à l’accessibilité financière des médicaments sur ordonnance se répartit de façon inégale. Elle varie selon le type de médicament, le profil du patient et la situation de couverture.
Le passage aux génériques repose autant sur la confiance que sur le prix
L’enquête s’est aussi penchée sur les facteurs qui inciteraient les personnes sondées à passer d’un médicament de marque à un médicament générique moins coûteux. Santé Canada examine les produits pharmaceutiques avant d’en autoriser la vente au Canada et les évalue en fonction de leur innocuité, de leur efficacité et de leur qualité. Plus largement, Santé Canada contribue à la réglementation des produits de santé afin d’assurer le respect des normes canadiennes.
La réduction des frais à la charge du patient compte, mais l’avis du médecin demeure le principal facteur d’influence. Les répondants étaient plus susceptibles d’envisager un changement si leur médecin leur disait que le médicament générique fonctionnerait aussi bien pour eux. Les conseils du pharmacien et une information claire confirmant que le générique est sûr et efficace sont aussi des facteurs importants.
L’avis du médecin joue également un rôle majeur dans la décision de continuer avec un médicament de marque. Lorsqu’on leur a demandé ce qui les rendrait les plus susceptibles de continuer à prendre la version de marque de leur médicament sur ordonnance le plus coûteux, les répondants ont de nouveau placé la recommandation du médecin au premier rang. La recommandation du pharmacien, une différence de coût faible ou nulle, et le fait d’être stable avec le médicament de marque comptaient aussi.
Ces résultats montrent que les décisions entre médicaments de marque et génériques reposent sur plusieurs facteurs. La confiance, la réassurance et l’accompagnement des professionnels de la santé jouent un rôle central dans la façon dont les Canadiens envisagent un changement.
Pourquoi ces résultats sont importants
Chez les répondants concernés, l’accessibilité financière est de plus en plus liée aux pressions financières des ménages et à l’accès aux soins. Même chez les personnes couvertes par un régime, les frais à la charge du patient peuvent influencer la décision de faire exécuter, de renouveler ou de prendre un médicament conformément à l’ordonnance.
Pour les gouvernements, les assureurs, les employeurs et les fournisseurs d’avantages sociaux, les résultats soulignent l’importance d’évaluer la suffisance de la couverture plutôt que de s’arrêter à sa simple présence. Les seuils de frais à la charge du patient, la conception des régimes et le soutien aux options moins coûteuses peuvent jouer un rôle important dans la réduction des obstacles liés au coût. Ces résultats fournissent également un contexte opportun pour les discussions sur l’assurance médicaments nationale, les programmes provinciaux et territoriaux de médicaments, ainsi que les avantages sociaux offerts par les employeurs.
Pour les sociétés pharmaceutiques, l’accessibilité financière est directement liée à l’accès, à la poursuite du traitement et aux décisions entre médicaments de marque et génériques. Comprendre où se concentre la pression liée aux coûts, selon le groupe démographique, le type d’assurance et la catégorie de médicament la plus coûteuse, peut contribuer à éclairer les stratégies d’accès, les programmes de soutien aux patients et les communications avec les professionnels de la santé.
Des résultats plus détaillés sont disponibles
Le rapport complet présente des résultats détaillés selon:
- Le type de couverture d’assurance
- La catégorie de médicament la plus coûteuse
- L’âge
- La region
- Le type de milieu : rural, urbain ou suburbain
- Le revenu du ménage
- Le niveau de scolarité
- L’origine ethnique
Méthodologie
Ce sondage en ligne a été mené du 1er au 3 mai 2026 auprès de 1 518 Canadiens âgés de 18 ans ou plus. Les répondants ont été recrutés de façon aléatoire par l’entremise du panel en ligne LEO de Léger et avaient la possibilité de répondre au sondage en français ou en anglais.
Les répondants qui ont indiqué ne pas avoir pris de médicaments sur ordonnance au cours des 12 derniers mois, ou qui étaient incertains, ont été exclus du reste du sondage, ce qui a laissé un échantillon de 1 062 répondants pour la plupart des questions liées aux médicaments sur ordonnance.
Les résultats ont été pondérés selon l’âge, le genre, la région, le niveau de scolarité et la présence d’enfants dans le ménage afin de refléter la population adulte canadienne.
Une marge d’erreur ne peut pas être calculée pour un échantillon non probabiliste. À des fins de comparaison, un échantillon probabiliste de 1 062 répondants aurait une marge d’erreur de ±3,0 %, 19 fois sur 20.
Léger est membre du Conseil de recherche et d’intelligence marketing Canadien, et cette recherche a été réalisée conformément aux normes du CRIC. Pour en savoir plus, communiquez avec l’équipe de Léger Healthcare à l’adresse [email protected].




