Les Canadiens ont-ils confiance dans la capacité des banques à faire face aux chocs majeurs, économiques et cybernétiques? Les données montrent une réalité nuancée.
Les institutions financières canadiennes jouissent depuis longtemps d’une réputation de stabilité. Or, aujourd’hui, stabilité ne rime plus nécessairement avec préparation. Dans un contexte marqué par la lassitude liée à l’inflation, l’instabilité géopolitique, la montée des cybermenaces et l’évolution du climat de confiance envers les institutions, les Canadiens expriment une perception plus nuancée du niveau de préparation réel de leurs banques face à un prochain choc majeur.
Les plus récentes données de l’équipe du secteur financier de Léger indiquent que 62 % des Canadiens se disent confiants quant à la capacité des institutions financières à gérer des perturbations économiques ou des incidents majeurs en cybersécurité. Toutefois, lorsque l’on examine les résultats de plus près, un portrait plus complexe se dessine : la confiance varie considérablement selon l’âge, la région et la situation économique des répondants.
Une confiance plus élevée chez les aînés, plus fragile chez les plus jeunes
Chez les Canadiens de 55 ans et plus, le niveau de confiance atteint 71 %. Ce groupe a traversé plusieurs cycles économiques et crises financières, souvent avec des institutions demeurées stables, et tend à valoriser les signaux de continuité et de solidité.
À l’inverse, les jeunes adultes de 18 à 34 ans affichent un taux de confiance de 59 %, mais avec une intensité beaucoup plus faible. Le groupe le plus enclin à l’utilisation du numérique est aussi celui qui se dit le moins confiant. Cet élément est loin d’être anodin : ce sont des consommateurs plus exposés aux risques de fraude, plus actifs en ligne et particulièrement sensibles aux enjeux de cybersécurité.
Un fossé de confiance qui s’accentue au milieu de la vie
La confiance chute de façon marquée chez les Canadiens âgés de 35 à 44 ans. Ce groupe, souvent confronté à l’endettement, aux responsabilités familiales et à un coût de la vie élevé, affiche un niveau de confiance de seulement 54 %. Plus d’un répondant sur dix (13 %) se dit même « pas du tout confiant », l’un des taux les plus élevés observés.
Ce constat suggère que la confiance est fortement influencée par l’expérience financière vécue. Pour les ménages sous pression, la préparation des institutions n’est pas un concept abstrait : elle touche directement leur quotidien.
La région demeure un facteur clé dans la dynamique de confiance
L’Ontario et le Québec affichent des niveaux de confiance relativement élevés, autour de 63–64 %, reflétant un lien historique avec les grandes institutions financières qui structurent ces marchés.
À l’opposé, les Prairies et le Canada atlantique présentent des niveaux de confiance plus faibles. Les Prairies, notamment le Manitoba et la Saskatchewan, se distinguent avec un taux de non-confiance atteignant 37 %. Les réalités économiques régionales, la dépendance aux ressources naturelles et des cycles de reprise inégaux semblent influencer ces perceptions.
La cybersécurité, facteur sous-jacent de la fracture de confiance
La confiance est nettement plus élevée chez les Canadiens détenant un diplôme universitaire (68 %) et chez ceux à revenu plus élevé (68 %). Ces groupes se sentent généralement mieux outillés pour composer avec les risques numériques, ou du moins estiment que leurs institutions le sont.
À l’inverse, chez les Canadiens ayant un niveau de scolarité secondaire ou inférieur, la confiance recule à 55 %, et les préoccupations liées aux failles de cybersécurité sont plus présentes. Cet écart montre que la manière de communiquer sur la cybersécurité pourrait devenir un levier déterminant de la confiance.
Un contexte externe exigeant qui façonne les perceptions
Les Canadiens doivent composer simultanément avec plusieurs facteurs :
-
- Des pressions persistantes sur l’abordabilité, malgré un certain soulagement du côté des taux d’intérêt
- Une instabilité géopolitique qui influence les marchés mondiaux
- Une succession quasi constante d’incidents de cybersécurité, tant dans le secteur public que privé
- Une polarisation politique accrue, alimentant la méfiance envers les grandes institutions
- L’incertitude entourant l’intelligence artificielle, notamment en matière de protection des données et de fraude
Dans ce contexte, la confiance n’est plus une perception figée. Elle devient mouvante, sensible à l’actualité, à la situation financière des ménages et au degré de transparence perçu des institutions.
Ce que cela signifie pour les institutions financières canadiennes
Les écarts de confiance sont avant tout des écarts de perception, particulièrement en matière de cybersécurité. Les Canadiens recherchent des explications claires, pas de simples messages rassurants.
Ils sont à la fois les moins confiants et les plus exposés aux risques. Une communication efficace doit tenir compte de leur réalité numérique et de leurs préoccupations concrètes.
Ce groupe exprime une pression financière accrue, davantage de scepticisme et une sensibilité élevée au risque. Un recul de la confiance à ce stade aurait des répercussions importantes pour le secteur.
Dans un pays aux réalités économiques aussi contrastées que le Canada, une approche uniforme à l’échelle nationale risque de passer à côté des enjeux propres à certaines régions.
La préparation ne se mesure plus uniquement à la solidité des institutions, mais aussi à la clarté de leur discours. Et les Canadiens en demandent davantage.
Une occasion de renforcer la confiance par la clarté
Les Canadiens envoient un message clair. La préparation ne se juge plus seulement à l’aube des bilans financiers, mais aussi à la capacité des institutions à expliquer clairement à quoi elles sont préparées, pourquoi elles le sont et quels produits, solutions et services sont en place pour protéger ceux qui leur font confiance.
Si votre équipe réfléchit à la prochaine phase de résilience, je serais heureux d’échanger sur la manière dont ces constats peuvent orienter votre stratégie en services financiers. Entrons en contact et faisons avancer le secteur avec confiance.



