Alors que l’Alberta avance dans l’année 2026, son paysage politique continue d’être influencé par l’évolution des préférences électorales, un contexte d’incertitude économique et des pressions persistantes sur les principaux services publics.
Le plus récent rapport d’intention de vote de Léger met en lumière une avance croissante du Parti conservateur uni (UCP), dans un contexte où les perceptions à l’égard des dirigeants restent partagées et où les préoccupations liées aux soins de santé, à l’abordabilité et à l’économie demeurent bien présentes chez les Albertains.
Dans l’ensemble, ces résultats dressent le portrait d’une province en évolution, marquée par un environnement à la fois complexe et de plus en plus polarisé, où l’élan politique se renforce, mais où le sentiment du public reste mesuré.
Le UCP accentue son avance sur le NPD
Le Parti conservateur uni (UCP) continue de consolider son avance, avec 53 % des électeurs décidés qui disent appuyer le parti, contre 36 % pour le NPD albertain.
Cette avance s’explique en grande partie par un appui marqué à l’extérieur des deux plus grandes villes de la province, bien que le UCP conserve une longueur d’avance à l’échelle de l’Alberta. Cette dynamique laisse entrevoir non seulement une avance ponctuelle, mais aussi une consolidation plus large du soutien, une tendance qui pourrait s’avérer difficile à renverser à court terme pour ses adversaires.
Les trajectoires de leadership commencent à s’écarter
L’approbation de la première ministre Danielle Smith remonte à 46 %, signalant un redressement après les reculs observés en 2025.
À l’inverse, le chef du NPD, Naheed Nenshi, voit son taux d’approbation reculer à 35 %, dans un contexte de hausse marquée de la désapprobation.
Pris ensemble, ces mouvements opposés creusent l’écart en matière de leadership. Ils viennent consolider l’avantage actuel du UCP et pourraient influencer la perception des électeurs au cours des prochains mois.
Une province divisée, marquée par un sentiment globalement négatif
Malgré l’évolution du paysage politique, le sentiment du public reste marqué par la prudence. Une majorité d’Albertains, soit 56 %, estime que la province va dans la mauvaise direction, contre 37 % qui jugent qu’elle est sur la bonne voie.
Cette perception varie fortement selon les affiliations politiques. Les partisans du UCP ont généralement une vision plus positive, tandis que les électeurs du NPD expriment, dans leur grande majorité, de l’insatisfaction.
Au final, l’Alberta apparaît non seulement divisée sur le plan politique, mais aussi dans sa perception de l’avenir.
Soins de santé, abordabilité et économie restent en tête des préoccupations
Les soins de santé demeurent en tête des préoccupations, cités par 30 % des Albertains comme un enjeu prioritaire. Viennent ensuite l’inflation et la hausse des taux d’intérêt (25 %), l’économie (21 %), ainsi que le nationalisme provincial ou le séparatisme (16 %).
Bien que les soins de santé occupent toujours le premier rang, leur importance relative a diminué par rapport au début de 2026. Cette évolution suggère un élargissement des préoccupations, les pressions économiques et les enjeux politiques plus larges prenant davantage de place.
Une amélioration limitée du gouvernement, sur fond de défis persistants
Les perceptions de la performance du gouvernement demeurent partagées. Les niveaux d’approbation restent sous la barre des 50 % pour la plupart des enjeux, bien que certaines améliorations soient observées dans des domaines précis.
Des résultats plus favorables se dégagent notamment en matière d’énergie et de pipelines (51 %), de gestion des feux de forêt (47 %) ainsi que de transport et d’infrastructures (42 %).
Cela dit, plusieurs points de pression persistent. La gestion de l’économie, les soins de santé et l’abordabilité continuent de susciter des niveaux plus élevés de désapprobation, mettant en évidence un écart entre les domaines où le gouvernement performe mieux et les enjeux jugés les plus importants par les Albertains.
Un intérêt limité pour un régime de retraite albertain
L’appui à la création d’un régime de retraite provincial demeure limité, avec 30 % des Albertains qui s’y disent favorables, contre 55 % qui s’y opposent.
Ces résultats sont restés globalement stables au fil du temps, ce qui suggère que les opinions sur cet enjeu sont relativement bien ancrées. Si certains groupes affichent un niveau d’appui plus élevé, un élan plus large en faveur de la proposition tarde à se concrétiser.
La prudence budgétaire reste au cœur de l’opinion publique
Les Albertains affichent une préférence claire pour la prudence budgétaire.
• 37 % privilégient la limitation des déficits, même si cela implique des compressions
• 27 % accordent la priorité à un retour rapide à l’équilibre budgétaire
• Seuls 25 % acceptent des déficits afin de maintenir les services et les investissements
Parallèlement, une majorité (54 %) appuie une approche équilibrée, ce qui indique que, si la discipline budgétaire est importante, la plupart des Albertains privilégient des solutions pragmatiques plutôt que des positions tranchées.
Le sentiment séparatiste progresse, sans devenir majoritaire
L’appui à l’indépendance de l’Alberta atteint désormais 23 %, tandis qu’une nette majorité (64 %) préfère que la province demeure au sein du Canada.
Bien que le sentiment séparatiste soit en progression, il reste minoritaire. Parallèlement, les préoccupations liées aux mouvements séparatistes sont bien présentes : 54 % des Albertains se disent inquiets, ce qui montre que cet enjeu, sans être dominant, continue d’alimenter le débat politique.
Méthodologie
Ce sondage en ligne a été réalisé auprès de 1 003 résidents de l’Alberta âgés de 18 ans et plus, du 3 au 6 avril 2026. Les répondants ont été recrutés de manière aléatoire à partir du panel en ligne de LEO. Les résultats ont été pondérés selon l’âge, le genre, la région et le niveau de scolarité afin de refléter la population albertaine.
Aucune marge d’erreur ne peut être associée à un échantillon non probabiliste issu d’un panel en ligne. À titre comparatif, un échantillon probabiliste de même taille présenterait une marge d’erreur de ±3,1 %, 19 fois sur 20.






