À mesure que 2026 se déroule, la course politique en Colombie-Britannique reste serrée, mais le climat qui se dessine est plus nuancé qu’il n’y paraît.
Derrière un paysage électoral compétitif, un sentiment croissant de pression se fait sentir, alimenté par les préoccupations liées à l’abordabilité, à l’accès aux soins de santé et à la confiance envers la performance du gouvernement.
Le plus récent Rapport polique de Léger illustre ce déséquilibre : le NPD conserve une avance étroite, mais les bases de cet appui semblent de plus en plus fragiles.
Parallèlement, certaines réformes en cours, notamment celles visant le système de réglementation des soins de santé, mettent en lumière des enjeux de longue date et soulignent la complexité des facteurs qui influencent l’opinion publique.
Le NPD en tête, mais la lutte reste serrée
Si une élection provinciale avait lieu aujourd’hui, le NPD de la Colombie-Britannique conserverait une courte avance, avec 44 % des intentions de vote contre 40 % pour les conservateurs.
La proximité de ce résultat souligne à quel point la course demeure ouverte et hautement compétitive. Dans un tel contexte, même de légers mouvements de l’opinion publique pourraient entraîner des répercussions politiques importantes.
Le leadership demeure un point fort, mais l’élan commence à s’essouffler
Avec un taux d’approbation de 43 %, le premier ministre David Eby continue de devancer largement les autres chefs de parti. Toutefois, la tendance sous-jacente apparaît plus fragile. Le niveau de désapprobation a nettement augmenté et les perceptions de son leadership se sont détériorées au fil du temps.
Cette évolution suggère un repositionnement du rôle du leadership au sein du NPD. S’il demeure un atout, il n’offre plus nécessairement le même rempart face aux préoccupations plus larges de l’opinion publique.
Si la prudence domine toujours, la polarisation s’accentue progressivement
Plus de la moitié des Britanno-Colombiens, soit 54 %, estiment que la province va dans la mauvaise direction, contre 37 % qui jugent qu’elle est sur la bonne voie.
Ces perceptions se répartissent nettement selon les lignes partisanes. L’optimisme se concentre chez les partisans du NPD, tandis que le pessimisme domine chez les électeurs conservateurs.
Il en ressort une province non seulement marquée par une forte compétition politique, mais aussi profondément divisée dans sa perception de la direction à prendre.
Les préoccupations liées au logement et aux soins de santé dominent et tendent à se croiser de plus en plus
L’abordabilité du logement (30 %) et les soins de santé (29 %) demeurent les deux enjeux structurants pour les Britanno-Colombiens. Leur importance est étroitement liée. L’accès à un logement stable est largement perçu comme un facteur déterminant de la santé physique et mentale, renforçant le lien entre ces deux préoccupations.
Parallèlement, les transformations en cours dans le système de santé, notamment les réformes réglementaires visant à améliorer la reddition de comptes, mettent en évidence à la fois l’urgence et la complexité des défis à relever.
Au-delà de ces priorités, les pressions économiques, dont l’inflation et le contexte économique global, continuent de façonner un second niveau de préoccupations chez les électeurs.
Le gouvernement peine à répondre aux enjeux clés
Sur l’ensemble des grands enjeux, l’approbation du gouvernement de la Colombie-Britannique demeure sous la barre des 50 %. Les évaluations plus favorables se concentrent dans certains domaines comme la gestion des feux de forêt (47 %) et la préparation aux situations d’urgence (40 %).
En revanche, sur les priorités majeures telles que le logement, les soins de santé et l’économie, les niveaux d’approbation chutent nettement. L’écart est manifeste.
Les améliorations observées sur le plan opérationnel ne se traduisent pas par une hausse de la confiance du public là où elle est la plus déterminante.
Un impact limité de la course à la direction du Parti conservateur
La course à la direction du Parti conservateur n’a pas encore eu d’effet notable sur les intentions de vote. La notoriété des candidats demeure faible et aucun favori clair ne se dégage.
Dans l’état actuel des choses, cette course ne devrait pas modifier de façon significative l’équilibre politique à court terme.
La DRIPA s’inscrit toujours au centre des tensions politiques
L’opinion publique à l’égard de la Declaration on the Rights of Indigenous Peoples Act (DRIPA) demeure fortement partagée, sans consensus clair :
- • 39 % y sont favorables
- • 38 % s’y opposent
- • 23 % demeurent indécis
Cette répartition presque équivalente met en évidence un paysage profondément polarisé, reflet de divisions politiques plus larges et d’un débat public toujours actif, souvent marqué par des tensions autour de la réconciliation.
Les récents échanges politiques, notamment les engagements renouvelés à faire progresser la réconciliation malgré les critiques, illustrent à quel point cet enjeu est devenu central. Il demeure à la fois structurant et contesté dans l’agenda politique de la Colombie-Britannique.
Les préoccupations fiscales et les perceptions de surdépenses se renforcent
L’anxiété économique ne se limite pas à l’abordabilité. Elle est de plus en plus liée à la perception de la gestion des finances publiques par le gouvernement :
• 46 % estiment que le gouvernement dépense trop
• Seulement 10 % jugent qu’il gère le budget de manière responsable
Malgré ces préoccupations, la majorité des Britanno-Colombiens n’appelle pas à des positions extrêmes :
• 53 % privilégient une approche équilibrée en matière de taxes, de déficits et de services
• 35 % accordent la priorité à la réduction du déficit, même si cela implique des compressions
Le signal de fond est clair. Les électeurs se montrent critiques à l’égard de la gestion actuelle, tout en demeurant attachés à des solutions modérées et à des compromis pragmatiques.
Méthodologie
Ce sondage en ligne a été réalisé auprès de 1 003 résidents de la Colombie-Britannique âgés de 18 ans et plus, du 3 au 6 avril 2026, à partir du panel en ligne LEO de Léger. Les résultats ont été pondérés selon l’âge, le genre, la région et le niveau de scolarité afin de refléter la population de la Colombie-Britannique.
Aucune marge d’erreur ne peut être associée à un échantillon non probabiliste issu d’un panel en ligne. À titre comparatif, un échantillon probabiliste de même taille présenterait une marge d’erreur de ±3,1 %, 19 fois sur 20.






